Twinsolar

Logo TwinSolar / funded by European Union

Le partenariat étroit entre l’Université de La Réunion et DTU, dans le cadre du projet TwInSolar, a permis à deux jeunes élèves ingénieurs à l’Université de La Réunion, Maxime (à gauche) et Iltrice (à droite), d’obtenir un stage au sein de DTU.     
Découvrez leur expérience !

(CRPM) Quels ont été vos parcours avant ce stage?

Maxime: Je suis issu d’un DUT en sciences et génie des matériaux, et j’ai rejoint l’ESIROI (Université de La Réunion) directement dans le cursus ingénieur. J’ai ensuite suivi le cursus classique d’école d’ingénieur, en spécialité bâtiment et énergie.

Iltrice : En ce qui me concerne, j’ai intégré la classe préparatoire intégrée à l’ESIROI dès la sortie du lycée. Après deux ans de classe préparatoire, j’ai rejoint le cursus ingénieur en même temps que Maxime.

Maxime : En quatrième année, Iltrice et moi avons eu la possibilité de partir en semestre d’échange, que l’on a réalisé en Suède, au sein d’une formation qui était très orientée au niveau de la ressource solaire, c’est-à-dire des panneaux photovoltaïques mais aussi des systèmes de conversion solaires thermiques.

Cette expérience nous a apporté un bagage scientifique dans le domaine du solaire, qui nous a permis de mieux appréhender le stage que l’on réalise actuellement à DTU. C’est grâce au partenariat entre DTU et l’Université de La Réunion que nous avons eu la possibilité de trouver ce stage, en discussion avec nos professeurs lors de nos recherches.

En quoi consiste votre stage à DTU?

Iltrice : Il s’agit d’un stage de quatre mois, au cours duquel nous assistons les étudiants en doctorat dans leurs recherches, en faisant des tests sur différents modules ainsi que dans des tâches un peu plus manuelles sur le champ de panneaux solaires.

Notre stage a commencé par une petite formation de quelques jours à nos missions, par exemple autour de l’analyse de données, au cours de laquelle nous avons appris à manipuler les différents outils à notre disposition.

Maxime : Dans le cadre de notre stage, on récupère des panneaux qui sont sur le champ de panneaux solaires et qui ont été utilisés pendant un certain temps. Ensuite, on les ramène au laboratoire, et on les nettoie avant de procéder à deux types de tests.

D’abord, un flash test : les panneaux solaires sont placés dans une pièce sombre, avant d’être exposés à un grand flash qui va avoir une certaine énergie d’irradiance. On va alors observer la réaction du panneau sur plusieurs caractéristiques (intensité, tension, etc.). L’objectif premier, c’est d’effectuer une comparaison entre le début de la vie du panneau, et après utilisation, et d’observer comment celui-ci s’est dégradé avec le temps.

En association avec ce premier test, on réalise également un test d’électroluminescence : on va prendre une photo du panneau lorsque l’on injecte du courant dedans, à l’aide d’un filtre spécial appliqué sur l’appareil photo. Les zones qui fonctionnent bien vont alors s’éclairer, ce qui permet de contrôler l’usure des zones du panneau.

“J’ai envie de poursuivre mon parcours avec l’optique d’apporter quelque chose par rapport aux défis auxquels nous sommes confrontés actuellement, notamment le réchauffement climatique.”
Maxime

Qu’est-ce qui vous motive dans ce stage ?

Iltrice : Je souhaitais rester dans la continuité de mon premier échange en Suède, qui pour moi était plus orienté sur la théorie dans le domaine du solaire. Je souhaitais compléter cela avec l’aspect plus pratique du travail en laboratoire. Mais surtout, c’est une envie de découvrir, en ce qui me concerne.

Maxime : De mon côté, j’avais également envie de découvrir le domaine de la recherche que je n’avais encore jamais abordé dans mes études. Dans notre cursus, nous avons la possibilité de continuer sur différentes thématiques et d’autres thématiques m’intéressent également beaucoup, notamment le bâtiment durable et bioclimatique.

Dans tous les cas, j’ai envie de poursuivre mon parcours avec l’optique d’apporter quelque chose par rapport aux défis auxquels nous sommes confrontés actuellement, notamment le réchauffement climatique. Je pense que participer à la recherche dans l’énergie solaire peut être une bonne solution pour faire avancer le progrès dans ce domaine-là.

Qu’est-ce qui fait la spécificité des pays scandinaves, et notamment du Danemark, en termes de développement durable et d’énergie solaire ? Parmi les bonnes pratiques développées, certaines pourraient-elles être répliquées dans un contexte réunionnais ?

Iltrice : Le Danemark et la Suède présentent une expertise dans les énergies renouvelables et notamment dans le solaire. Mais c’est vrai qu’en termes de ressource solaire, d’exposition et de développement de la filière photovoltaïque, d’autres zones géographiques possèdent un énorme potentiel, comme La Réunion, par exemple. En termes d’énergie solaire, on pourrait reproduire l’exemple du Danemark à La Réunion, en obtenant même de meilleurs résultats en termes de production relative.

Maxime : Effectivement, le Danemark s’est orienté vers l’énergie solaire mais aussi éolienne, énormément. Aujourd’hui, ils ont un bagage scientifique plus développé qu’en France. Dans le cadre de notre parcours, c’est très précieux d’avoir pu avoir accès à cette expertise scandinave dans le domaine des énergies renouvelables.

C’est également porteur d’espoir de voir qu’au final, le solaire fonctionne aussi bien dans des pays aussi au nord, qui reçoivent une exposition plus faible qu’à La Réunion ou même en France métropolitaine.

Maintenant, pour répliquer cette expérience à La Réunion, il faut bien sûr prendre en compte la problématique de l’insularité. La Réunion est dépendante uniquement de sa propre production énergétique et donc cela requiert une autonomie complète et une sécurité vis-à-vis de la production.

Évidemment, au vu de ces enjeux et des ressources renouvelables dont on parle, donc le vent, le solaire, etc. qui sont des ressources intermittentes et donc, qui varient selon le temps qu’il fait par exemple, cela peut poser un problème de stabilité. Aujourd’hui, il est donc très difficile d’atteindre 100% de solaire ou d’éolien, ou bien cela nécessiterait beaucoup de stockage, ce qui n’est pas forcément judicieux d’un point de vue économique.

Cela étant, des points d’amélioration sont possibles et le Danemark est un bon exemple en termes d’éolien et de solaire, même s’il faut souligner que La Réunion est également assez bonne élève au niveau du développement solaire, et possède également d’autres ressources, notamment hydraulique.

Qu’est-ce que ce stage vous a apporté ?

Maxime : Ce stage m’a d’abord apporté un approfondissement du bagage scientifique vis-à-vis du solaire : la caractérisation des panneaux solaires, le traitement de données, notamment. Ensuite, j’ai découvert un système pédagogique différent et intéressant. J’ai apprécié les réunions de suivi hebdomadaires avec nos supérieurs et de savoir qu’en cas de difficulté, il y a toujours quelqu’un vers qui se tourner.

Iltrice : Je rejoins Maxime. J’ai apprécié l’envie de transmettre de ceux qui nous encadrent. Ils essaient vraiment de nous confier des taches intéressantes dans le développement de notre bagage scientifique, et potentiellement de notre carrière. L’environnement est sympa et épanouissant.

Maxime : L’environnement de travail est aussi très international. La barrière de la langue est moins présente qu’en France car tous les Danois parlent anglais. Plusieurs chercheurs en doctorat viennent d’ailleurs d’autres pays d’Europe (Espagne, Italie…). On ne se sent pas exclu du fait de ne pas parler Danois.

“Je vais essayer d’utiliser l’expérience que j’ai acquise ici au Danemark, pour apporter ma contribution aux projets de La Réunion.”
Iltrice

Quels sont vos projets pour la suite ?

Iltrice : Je souhaite continuer à découvrir, et j’envisage peut-être de retourner dans le monde de l’entreprise pour découvrir un autre domaine. Nous avons également l’opportunité de faire d’autres stages, notamment le stage de fin d’étude, qui orientera le début de la carrière professionnelle. Je vais essayer d’utiliser l’expérience que j’ai acquise ici au Danemark, pour apporter ma contribution aux projets de La Réunion.

Maxime : A l’issue de mes études, j’envisage également de voyager et de découvrir différents domaines. Je trouve le domaine de la recherche très épanouissant et stimulant, donc il n’est pas exclu que j’y retourne à un moment donné, probablement dans l’énergie solaire. Peut-être au DTU, si l’opportunité se présentait.

Merci à Iltrice et Maxime pour leurs témoignages!